La nouvelle défense sol-air très courte portée de l'armée française
“Coup double” pour l’industrie française. L’armée de terre devrait commander, cette année, 6 à 12 systèmes MPCV (Multi-Purpose Combat Vehicle), basés sur véhicule Sherpa 3A de Renault Truck Defense. Le système MPCV comprend le porteur, véhicule de RTD en version blindée (3A) qui est équippé d'une tourelle mettant en œuvre le missile Mistral de MBDA.
Cette commande devait être annoncée dans le cadre du plan ministériel de relance, mais sera retardé. Reste que le choix semble aujourd’hui être arrêté et la DGA devrait notifier le contrat courant 2009.
Même si le choix de ce système porte sur de très petites quantités (6 à 12 systèmes pour équiper une à deux unités de base), la commande est porteuse d’enjeux. L’armée de terre s’adjoint une nouvelle capacité, celle de la défense sol-air très courte portée (SATCP) sur véhicule blindé, offrant une mobilité et une protection nouvelles.
Car bientôt, il n’y aura plus en service qu’un seul système de défense aérienne dans l’armée de terre. Le missile Roland sera bientôt retiré du service puisqu’aucune décision n’a été prise sur sa revalorisation. Concernant la défense moyenne portée, elle est assurée par le missile Hawk américain, entré en service dans les années 60, et qui sera remplacé par le système Aster, mis en œuvre par l’armée de l’air. Les unités d’artillerie sol-air de l’armée de terre n’auront donc plus qu’un seul vecteur, le Mistral. Or, le SATCP français n’est en service que sur trépieds. Transportable par VAB, il requiert l’arrêt du véhicule et l’installation du système à l’extérieur.
Avec le système MPCV, développé par Rheinmetall et MBDA sur Sherpa 3, une gamme de nouvelles missions s’ouvrent pour l’armée de terre, comme la protection de convoi, de l’escorte de VIP, l’accompagnement d’unités blindées mécanisées... Facilement déployable, permettant une visée en roulant, un tel système sera appréciable pour assurer la défense de la troisième dimension durant les Opex.
Présenté durant le dernier Salon Eurosatory, 80 % du MPCV sont réalisés par les industriels français (optroniques et sous-systèmes Thales, Sagem, Saft...), et repose sur une tourelle Reinhmetall déjà développée et éprouvée (en service en Allemagne et en Grèce avec le missile Stinger, et le RBS110 de Saab en Suède...).
A l’export, MBDA serait en discussion avec quatre pays du Moyen-Orient (Arabie Saoudite, EAU, Qatar et probablement Oman) pour placer son système, notamment intégré sur le véhicule Nimr jordanien. Le premier prototype a été développé il y a deux ans et testé au Moyen-Orient en décembre 2008.
Une nouvelle plate-forme intermédiaire blindée pour l'armée de terre
Pour le marché français, MBDA a décidé de s’associer à RTD. Le missilier européen avait étudié plusieurs solutions. Alors que le VAB avait été jugé trop vieux, le VBL trop petit et le VBCI trop lourd, le choix s’est porté sur une plate-forme avec un fort potentiel.
Car, l’EMAT a exprimé un besoin pour une plate-forme blindée intermédiaire située entre le PVP et le futur porteur blindé de 20 tonnes. Baptisé véhicule blindé multirôle (VBMR), le besoin pour un véhicule blindé offrant une charge utile de 3 tonnes pourrait, au final, porter sur un millier de véhicules (porteurs de système d’armes, PC, ambulance...).
Deux offres françaises se font concurrence sur ce créneau, le Sherpa de Renault et le VBR de Panhard, qui proposait par ailleurs une version XL du PVP. Le Sherpa semble, aujourd’hui, recueillir les faveurs de l’armée de terre, sans doute aussi grâce à un prix contenu (selon nos informations, 300 000 euros), contre le double pour le VBR, qui est cependant basé sur une coque offrant une meilleure protection (châssis pour le Sherpa).
Avec ce contrat, Renault Trucks place son véhicule en tête de liste pour toute acquisition future dans le cadre du programme VBMR. Dévoilé durant Eurosatory 2006, le Sherpa 3 (poids de 9,5 tonnes, moteur de 215 ch, boîte automatique) a déjà été choisi par la Namsa (Otan) en version non blindée.




Amicalement