Un avion d'Air France assurant la liaison Rio de Janeiro-Paris a disparu dans la nuit de dimanche à lundi avec 228 personnes à son bord au-dessus de l'Atlantique mais la cause de cette catastrophe reste inconnue.
Air France a adressé lundi soir ses condoléances aux proches des passagers et membres d'équipage, qui ont afflué souvent en larmes à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, laissant penser qu'il n'y a aucun espoir de trouver des survivants.
"Les chances de retrouver des survivants à l'heure où je vous parle sont infimes", a confirmé Nicolas Sarkozy à la presse après une visite à la cellule de crise installée à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. "C'est une catastrophe comme jamais la compagnie Air France n'en avait connu."
Une panne de circuit électrique ayant été signalée à bord de l'avion lors d'un violent orage, Air France n'exclut pas que l'appareil, un Airbus A330-200, a pu être foudroyé.
"Nous n'avons aucun élément précis sur ce qui s'est passé", a indiqué le chef de l'Etat.
Selon un comptage Air France, le vol AF447 a disparu des écrans radar quatre heures au moins après son décollage de Rio de Janeiro, à 350 kilomètres des côtes brésiliennes.
Les contrôles aériens civils brésilien, africains, espagnol et français ont tenté en vain d'établir le contact avec le vol AF447. Dans la soirée de lundi, il n'avait pas été localisé.
"L'appareil a traversé une zone orageuse avec fortes turbulences à deux heures du matin (heure universelle), soit 04h00 heure de Paris. Un message automatique a été reçu à 02h14 (04h14 heure de Paris) indiquant une panne de circuit électrique", a indiqué Air France dans un communiqué.
73 FRANÇAIS DISPARUS
Le directeur de la communication d'Air France, François Brousse, a confirmé que l'hypothèse d'une catastrophe due aux éclairs provoqués par un orage était envisagée.
"L'avion aurait pu être foudroyé, c'est une hypothèse", a-t-il dit à la presse.
Mais cette éventualité est battue en brèche par les experts.
Joint par téléphone par Reuters, Harro Ranter, fondateur du site Aviation Safety Network explique que les avions sont conçus pour ne pas être "descendus" par la foudre.
Il souligne néanmoins qu'en certaines circonstances, la foudre a pu avoir de sérieuses conséquences pour l'appareil ou son système de navigation, notamment pour contrôler le vol.
Selon Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux Transports, "aucune piste n'est à négliger", y compris celle du terrorisme.
"Ce n'est pas la plus évidente puisqu'on a eu des messages d'alerte technique de l'avion, ce qui ne se serait pas produit s'il y avait eu une brusque désintégration de l'avion", a-t-il dit sur France 3.
Deux cent seize passagers étaient à bord - 126 hommes, 82 femmes, sept enfants et un bébé -, ainsi que douze membres d'équipage.
Lors d'une conférence de presse à Roissy, Air France a annoncé que 61 Français comptaient parmi les passagers, en plus des 12 membres de l'équipage, tous Français.
Cinquante-huit Brésiliens étaient également à bord, 26 Allemands, neuf Chinois, neuf Italiens, six Suisses, cinq Britanniques et cinq Libanais. On compte aussi quatre Hongrois, trois Slovaques, trois Norvégiens, trois Irlandais, deux Américains, deux Polonais, deux Marocains et deux Espagnols.
Des ressortissants d'autres pays étaient également à bord. Au total 32 nationalités sont concernées.
Cet accident est le pire en nombre de personnes tuées dans un avion de la compagnie aérienne en 75 ans d'existence. L'accident d'un Concorde en juillet 2000 a fait 113 morts et celui d'un Boeing 707 en 1962 a fait 130 morts.
RECHERCHES EN MER
Le vol Air France AF447 avait quitté Rio dimanche à 19h03, heure locale (22h03 GMT) et devait arriver lundi à 11h15 (09h15 GMT) au terminal 2E de l'aéroport Paris-Charles de Gaulle.
L'aviation brésilienne a perdu la trace du vol AF447 à 01h33 GMT (03h33 heure française), soit trois heures et demie après le décollage, a fait savoir l'armée de l'air brésilienne.
L'appareil venait de dépasser les îles Fernando de Noronha, à 350 km de la côte brésilienne, au moment du dernier contact.
L'armée de l'air brésilienne a dit avoir entamé des recherches avec des avions au-dessus de l'océan Atlantique.
La France a de son côté dépêché deux navires transportant des hélicoptères et trois avions, dont un Atlantic 2 qui a déjà patrouillé autour de la zone où l'Airbus a disparu.
Pierre-Henri Gourgeon, directeur général d'Air France-KLM, a indiqué lors d'une conférence de presse que la zone d'impact était désormais pratiquement connue.
"La zone est a peu près identifiée au niveau de l'Atlantique, qui peut être cernée à quelques dizaines de nautiques près avec l'espoir de retrouver des restes de l'épave ou de détecter les émissions des balises Argos", a-t-il dit.
A l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, les proches des passagers ont été reçus dans un lieu spécialement réservé à l'aérogare et une cellule de crise a été mise en place.
L'avion, mis en service le 18 avril 2005, totalisait 18.870 heures de vol. Sa dernière visite d'entretien en hangar datait du 16 avril 2009.
Air France a transmis au Bureau d'Enquêtes et d'analyses (BEA) de la sécurité civile, chargé pour la France de l'enquête, et au constructeur, Airbus, l'ensemble des éléments en sa possession.
Source du Monde Lundi 1 Juin 2009 à 22H46