Paris maintient pour un temps ses bases militaires à Libreville et Dakar
La France, qui entend rationaliser sa présence militaire en Afrique, va cependant y maintenir, pour un temps au moins, ses deux bases permanentes au Gabon et au Sénégal, après avoir envisagé de fermer l'une d'elles.
"L'idée est que nous maintenions Libreville et Dakar", a déclaré le ministre de la Défense, Hervé Morin, mercredi devant la presse. "Dans l'état actuel des choses, nos forces restent au Gabon", a-t-il souligné.
Dans l'entourage du ministre, on précise cependant que "tout reste ouvert" à plus longue échéance et que "la présence des forces françaises prépositionnées en Afrique fait toujours l'objet d'une réflexion".
Publié au printemps 2008, le Livre blanc sur la Défense annonçait "à terme, une présence (française) sur la façade atlantique du continent africain (et) une sur sa façade orientale", laissant entendre que l'une des bases riveraines de l'Atlantique, Libreville ou Dakar, serait sacrifiée.
"Nous allons rénover nos accords en Afrique et rééquilibrer nos bases militaires", avait prévenu le chef de l'Etat lors de la présentation de cette nouvelle "bible" de la défense.
Dans un discours au Cap (Afrique du Sud), en février 2008, Nicolas Sarkozy avait fixé le cadre général: renégociation des accords de défense signés par la France avec ses ex-colonies, transparence, prise en charge par l'Afrique de sa sécurité collective et européanisation des relations avec le continent en matière de sécurité.
Depuis, les spéculations sont allées bon train sur la fermeture de Libreville ou Dakar. M. Morin y a mis mercredi un terme au moins provisoire, assurant avoir "toujours indiqué qu'il y aurait une (base permanente) sur l'océan Indien et une sur la façade atlantique, avec un cas particulier qui serait le Gabon".
"On avait toujours dit qu'on maintiendrait Libreville", a-t-il soutenu. Mais "si le président de la République, dans un, deux ou trois ans estimait que ce n'était plus nécessaire de les maintenir et que les discussions avec les autorités politiques gabonaises faisaient qu'on peut les retirer, on verra bien...".
La France compte un millier de militaires déployés au sein des Forces françaises au Gabon, pour la plupart à Libreville, en vertu d'accords de défense conclus le jour même de la proclamation d'indépendance de l'ancienne colonie française le 17 août 1960.
Quelques dizaines d'entre eux avaient été déployés début septembre à Port-Gentil pour protéger le consulat de France incendié lors d'émeutes après l'élection controversée du nouveau président gabonais Ali Bongo.
Au Sénégal, les Forces françaises du Cap-Vert réunissent 1.200 militaires.
Dakar et Libreville figurent parmi les trois bases militaires françaises permanentes en Afrique, avec Djibouti. La Réunion, département français de l'océan Indien, complète le dispositif régional.
Ce dernier évolue sans cesse. Ainsi, M. Morin a-t-il annoncé mercredi que Djibouti, la plus grande base militaire française à l'étranger, pourrait perdre "quelques centaines" d'hommes sur les 2.900 actuels.
Autre exemple: la Côte d'Ivoire, où il n'y a plus de forces permanentes françaises depuis la dissolution du 43e bataillon d'infanterie de marine en juin et où il ne reste plus que 900 hommes au titre de l'opération Licorne. Ils étaient près de 5.000 lors de la crise de 2004.
Source AFP
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