Déclassification de documents: avis favorable pour le Tanit, défavorable pour Bouaké
La Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN) a émis un avis favorable à la déclassification de documents du ministère de la Défense relatifs à l'opération de libération des otages sur le voilier Tanit le 10 avril au large de la Somalie.
L'avis de la CCSDN, qui s'est réunie le 18 juin, a été publié mardi au Journal officiel.
Cet avis favorable concerne un compte-rendu de 10 pages du commandement des fusiliers marins commandos daté du 12 avril, une fiche chronologique de cinq pages des opérations datée du 18 mai et un CD-ROM contenant 83 photographies.
Bertrand Leclerc, vice-président doyen au tribunal de grande instance de Rennes, juge coordinateur de l'information ouverte sur cette affaire, avait demandé, par lettre le 4 juin, la déclassification de ces documents au ministre de la Défense Hervé Morin.
Celui-ci s'était alors retourné vers la CCSDN, le 9 juin dans un courrier pour lui demander son avis.
Après cet avis favorable, il revient à M. Morin de suivre ou non cet avis. La quasi totalité des quelque 140 avis de la CCSDN ont toujours été suivis par les autorités concernées (Elysées, Matignon, ministères).
Les commandos de marine avaient donné le 10 avril l'assaut au Tanit, un voilier de 12,5 mètres, capturé le 6 avril au large de la Somalie par cinq pirates qui retenaient en otage les cinq passagers, dont un enfant de trois ans. Au cours de l'assaut, le skipper Florent Lemaçon avait été tué par balle - tirée par les commandos marine ou les pirates - dans des conditions qui n'ont pas été formellement établies.
Deux pirates somaliens avaient également été tués. Trois autres pirates somaliens capturés et ramenés en France, ont été mis en examen et écroués le 17 avril.
La Commission a en revanche émis un avis défavorable à la déclassification de quatorze documents de l'Elysée concernant le bombardement du camp militaire français de Bouaké en Côte d'Ivoire en 2004.
Cet avis, daté du 18 juin et publié mardi au Journal officiel, est le seizième avis de la commission sur ce dossier.
La CCSDN avait été saisie par une lettre du Président de la République Nicolas Sarkozy, datée du 5 mai, à la suite d'une demande, le 27 mars, de Florence Michon, juge d'instruction au Tribunal aux armées de Paris (TAP). Celle-ci est chargée de l'information judiciaire ouverte pour "assassinats, tentatives d'assassinats, destructions" dans le cadre du bombardement du camp militaire de Bouaké le 6 novembre 2004.
Neuf militaires français avaient été tués, ainsi qu'un civil américain, lors du bombardement du camp français par deux Sukhoï 25 des forces loyalistes ivoiriennes.
Dans l'avis publié mardi, la CCSDN émet un avis défavorable à la déclassification de "quatorze documents internes soumis à son examen par la Présidence de la République".
Il revient maintenant à M. Sarkozy de suivre ou non cet avis. La quasi totalité des quelque 140 avis de la CCSDN ont toujours été suivis par les autorités concernées (Elysées, Matignon, ministères).
Source AFP
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