Des soldats français tirent sur des pirates somaliens
Les militaires assuraient la protection de deux thoniers français dans l'océan Indien, au nord de l'archipel des Seychelles. L'incident n'a fait aucun blessé du côté français.
La fusillade aura duré une demi-heure. Pour la première fois depuis la mise en place du dispositif en juillet, des militaires français protégeant les bateaux de pêche français dans l'océan Indien ont ouvert le feu samedi matin sur des pirates. Vers 6 heures du matin heure française, des hors-bords pirates ont approché deux thoniers - le Glénan et le Drennec- qui croisaient come à leur habitude en binôme au nord de l'archipel des Seychelles, une zone très poissonneuse éloignée de la Somalie. Les pirates ignoraient totalement la présence à bord des militaires.
«Trois petites vedettes d'environ quatre mètres, presque invisibles et que nous avons eues au radar au dernier moment, nous ont poursuivis. », a confié à l'AFP un marin à bord du Drennec. Les pirates ont ouvert le feu sans toucher les thoniers. Les militaires français «ont d'abord tiré des coups de semonce, puis ils ont tiré au but. Les pirates ont alors laissé tomber et ont fait demi-tour vers leur bateau-mère [large d'environ 30 mètres]», a raconté ce témoin. L'incident, qui s'est produit 350 km au nord des Seychelles, loin des côtes somaliennes en plein Océan indien, n'a fait aucun blessé côté français.
Le bateau mère a été immédiatement pris en chasse par le Topaze, un navire des gardes-côtes seychellois, qui l'a localisé à la mi-journée. La base flottante des pirates est probablement un ex-palangrier asiatique, le Win Far, surveillé depuis plusieurs mois et qui mouille sur la côte somalienne. La déroute des pirates «prouve l'efficacité du dispositif», a estimé une source occidentale, alors que les thoniers espagnols pêchant dans la zone réclament des militaires espagnols une protection identique à celle de leurs collègues français. Une soixantaine de fusiliers marins français, dont des commandos de marine, participent à cette opération, mise en place à la demande des armateurs.
Augmentation des attaques avec le retour d'une mer calme
Le Drennec avait notamment déjà fait l'objet à l'automne 2008 d'une attaque à la roquette. Le navire avait réussi à s'échapper et n'avait subi que quelques dégâts matériels. Cette protection des bateaux de pêche ne s'inscrit pas dans les opérations anti-piraterie de l'Union européenne («Atalante») et l'Otan dans le Golfe d'Aden et l'océan Indien.
L'attaque de ce samedi contre le Glénan et le Drennec a eu lieu à environ 36 km d'une précédente attaque de pirates la semaine dernière contre un cargo qui avait essuyé des tirs d'arme automatique. Mercredi, des pirates avaient attaqué par méprise dans la nuit le navire de commandement des forces militaires françaises dans l'océan Indien, le pétrolier-ravitailleur La Somme. Cinq assaillants ont été fait prisonniers.
Les pirates somaliens détiennent actuellement 4 navires étrangers et 111 marins, selon l'ONG Ecoterra International, qui suit les questions de piraterie dans le Golfe d'Aden et l'océan Indien. Fin avril, au plus fort de leurs attaques, ils retenaient jusqu'à une vingtaine de bateaux. 174 navires ont été pris d'assaut depuis début 2009. Les détournements se sont multipliés depuis la fin de l'été et le retour à une mer calme.
Amicalement